Avis d’expert : corrélation entre les variables D (Développement de votre entreprise) et I (innovation)


Selon vous, qu’est-ce qu’une innovation réussie en entreprise ?

Il existe 2 citations définissant l’innovation que j’aime beaucoup. Steeve Jobs a dit qu’elle « distingue un leader d’un suiveur ». L’innovation permet d’être toujours en tête de fil.

La deuxième citation est de Michael DELL, le fondateur  de Dell, qui dit « Innover, c’est facile. La difficulté, c’est de transformer une innovation en vrai business ». Selon moi, la vraie innovation n’existe pas mais elle est un assemblage de plusieurs éléments existants. Le principe de l’innovation n’est pas de créer quelque chose de nouveau car tout existe. C’est en ça que l’innovation requiert que l’on fasse sortir l’intelligence de ces choses qui existent. L’intelligence ne réside pas forcément dans le fait de sortir une compétence ou une fonctionnalité d’un être humain ou d’un produit mais surtout de l’adaptabilité de cette compétence ou cette fonctionnalité à son objectif. Et c’est ça la vraie créativité.

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Donc, qu’est-ce que l’innovation en entreprise ? C’est le fait de pouvoir non seulement faire un produit ou service de type nouveau mais surtout, c’est de faire en sorte qu’il soit le plus adapté possible à la réalité de l’entreprise. Quand on parle de réalité, c’est d’abord une réalité humaine, ensuite une réalité économique, et en tout dernier lieu, une réalité industrielle. Quel que soit la solution et son niveau d’automatisation, qu’elle soit informatisée ou non, l’outil ne remplacera jamais l’être humain. Donc d’abord, il faut que l’outil s’adapte à une réalité humaine, ensuite, il faut que l’outil s’intègre à l’économie pour éviter que votre entreprise défaille et enfin il faut qu’elle s’adapte à une réalité industrielle, technique. Un très bon entrepreneur aura de très bons outils mais, si un jour il est obligé, pour des raisons économiques, de planter un clou avec sa semelle de chaussure, il le fera et sa semelle de chaussure sera un excellent outil ce jour-là.

L’innovation en entreprise, c’est de faire en sorte que toute chose soit durable. Ça, c’est innovant ! Dans une société où la surconsommation et l’éphémère sont de mises, rendre un outil durable et continuer son optimisation de façon économique et pragmatique devient une innovation pour tout le monde. Par exemple, la voiture la moins polluante au monde existe déjà. On ne pourra pas faire moins polluant que la voiture à air comprimé qui a été créée depuis plus de 10 ans par un français, ex-ingénieur d’écurie de Formule 1. Elle se recharge très rapidement. Elle a une autonomie formidable. Cependant, la réalité de l’industrie fait qu’elle n’est pas sortie. Cette voiture n’est pas adaptée à la société. La vraie innovation est une avancée, certes technologique mais ce n’est qu’une toute petite facette pour que cette innovation soit réussie. La durabilité de cette avancée se trouve dans son intégration et son adaptation à la société.

Il n’y a pas de nouveauté dans l’utilisation du produit, il n’y a que l’optimisation, l’adaptation et la durabilité.

 

Quelles innovations avez-vous utilisées au sein du Groupe Rodeus ?

  • Un service innovant : recyclage des matériels informatiques.

Ce qui permet de faire écarquiller les yeux à nos clients, c’est le fait qu’on leur dise : « Attendez ce serveur, on ne le remplace pas, on va le réutiliser ». Donc, à l’heure où l’on déclare l’obsolescence comptable d’une machine à 3 ans, on oublie son obsolescence technologique qui arrivera plus tard et qui, juste en optimisant son utilisation, permet de la réutiliser correctement. Quand les matériels de nos clients doivent réellement être remplacés, nous proposons des matériels informatiques recyclés et regarantis pour au moins 1 an, à un prix très faible (50% moins cher versus du matériel neuf). Nous sommes ainsi éco-responsables.

  • Proposition de financement par crédit-bail pour les matériels informatiques recyclés fournis par le Groupe Rodeus.

Quand on propose le financement par crédit-bail, on nous dit : « oui, mais du crédit-bail ça ne peut être que sur du neuf ». Justement, à partir du moment où on regaranti le matériel et où on lui redonne une nouvelle vie, n’est-il pas d’une certaine manière neuf et encore plus durable que le matériel neuf qui vient d’arriver sur le marché ? Donc n’a-t-il pas forcément plus de valeur qu’un produit neuf, par définition, car il est éprouvé ?

  • La recherche de produits technologiques innovants pour servir au mieux nos clients.

On a dit précédemment que tout existait. Mais tout n’est pas connu et c’est ça qui fait la différence. L’innovation, elle, n’a rien de technologiquement très innovant. Tout existe déjà et donc ce sont toujours des petites personnes, des gens dans leurs garages qui créent la majorité des vraies innovations. Pour le concours Lépine, ce ne sont pas des grosses entreprises qui y participent, mais que des petits individus. Si vous voulez vraiment innover et créer un fil à couper le beurre, il faut être petit. Donc, en réalité, quand on veut vraiment devenir une entreprise qui sert ses clients et qui recherche l’innovation pour ses clients, il faut la chercher. Le secret est dans la recherche de l’innovation. Ce n’est pas forcément innover soi-même, c’est mettre en relation son propre client en relation avec la vraie innovation qui est locale et petite.

Creative light bulb symbol with gear sign and difference concept, business and industrial  idea. Vector illustration

  • Proposition de formations/conférences des équipes de nos clients afin de développer leur autonomie avec leurs Technologies de l’Information.

Sensibiliser, former son voisin permet deux choses : la première est de montrer que la compétence existe et qu’elle est disponible et transmissible. Quand on forme, on dit : « je veux te transmettre ce que je sais ». La deuxième chose qui est très importante, est que si on n’enseigne pas et qu’on fait tout le temps la même chose, on n’innove pas soi-même et on ne peut pas s’innover soi-même. Donc, il faut tout le temps enseigner, surtout dans le domaine des nouvelles technologies. Il faut pouvoir répondre à l’auditoire qui te pose la question : « Au fait avez-vous vu l’article à propos de telle avancée technologique, qu’est-ce que vous en pensez ? ». Tu ne peux pas enseigner quelque chose qui date d’il y a dix ans. La formation et les conférences te forcent tout le temps à l’innovation.

  • Innovation dans la philosophie de l’entreprise : pas de hiérarchie, une atmosphère de travail collaborative qui favorise l’innovation.

Il existe une antinomie entre les structures pyramidales et la collaboration. Avoir un collaborateur, c’est quelqu’un qui travaille avec soi. Ce terme vient du latin, « cum labore », qui signifie « travailler ensemble ». Par contre, la structure pyramidale, ça signifie que les gens en bas de la pyramide sont moins élevés que moi. Donc, dans ce cas, ce n’est pas une entreprise qui considère qu’elle a des collaborateurs. Il y a un principe hiérarchique, de donneur d’ordres et c’est tout ce qui fait la différence entre manager et leader. Le leader élève ses collaborateurs, le manager les tire.

Si je reviens sur la conclusion du point précédent, on apprend toujours plus quand on forme. Si on est celui qui apprend, alors j’apprends de mes collaborateurs. Donc, je ne peux pas réclamer un statut hiérarchique plus haut que mes collaborateurs si j’apprends d’eux. Comme nous apprenons tous les uns des autres, une entreprise collégiale va être capable d’aller chercher la meilleure idée, la plus innovante car elle sera écoutée. La hiérarchie est un frein à l’innovation.

 

Quels sont les résultats de ces innovations sur le développement de l’entreprise ?

La réussite de ces innovations se situe avant tout dans le développement des personnes dans l’entreprise car l’entreprise sans les personnes n’est rien. Je pense que si l’on interroge chaque personne travaillant dans le Groupe Rodeus, elles nous diront qu’elles sentent qu’on a à cœur de les élever. Pas dans le sens élever un enfant mais de les élever à un niveau d’émancipation. Le but premier est que chacun y expérimente ce qu’il a envie d’y expérimenter.

Alors, ça se ressent vis-à-vis des clients et dans le chiffre d’affaires car il y a un engagement des employés qui est plus fort et qui vient des tripes.

L’innovation vient du fait que je voyais au travers de la valeur de l’entreprise, non pas une rémunération, ni un salaire mais bien la valeur d’un enfant. On n’est jamais propriétaire d’un enfant.

Un bel exemple de l’effet de ce type d’innovation sur les employés du Groupe Rodeus est le parcours d’Éric Cadieux-Seney, aujourd’hui président de la nouvelle filiale du groupe, spécialisée en développement d’applications web et mobile pour améliorer les processus d’affaires des entreprises. Il a toujours eu une soif d’apprendre presque intarissable. Quand je lui ai dit : « Eric, je ne vais rien t’apprendre, par contre, Rodeus va t’apprendre. Soit à l’écoute des autres et tu vas apprendre». Il a appris dans toutes les étapes de son parcours : en tant que chef de projet, en tant que président, en tant que salarié, en tant qu’associé dans la compagnie. Il a appris dans tout ça, dans chaque étape et à ses dépens.

 

Vous parlez de difficultés, en avez-vous eu dans la mise en place  de certaines de ces innovations ?

La principale difficulté que l’on a eue est que tout le monde n’a pas forcément adhéré à la philosophie et qu’elle n’a pas su s’adapter à tous les acteurs, parmi les personnes qui sont passées au travers du Groupe Rodeus, que ce soit des clients, des partenaires, des pigistes.

Certains avaient plus besoin d’encadrement que ce que notre philosophie d’expérimentation était capable de leur donner.

Nous avons donc adapté notre modèle en fonction des différents intervenants. Le secret se trouve dans la transparence et l’hybridation du modèle.

 

Justement, en tant qu’expert en sécurité informatique et gestion du risque, quels sont vos conseils pour implanter une innovation en entreprise sans risque ?

La gestion du risque vient de là, c’est-à-dire que même pour mes solutions de sécurité, j’emploie toujours des solutions Opensource gratuites avec un taux d’investissement très court, très petit dès le début qui me permet de tester une solution, de l’éprouver sans forcément y mettre un gros investissement. Ainsi, j’atteins un niveau de compétence nécessaire pour un déploiement réussi et ensuite, éventuellement, je peux investir dans un outil.

On ne laisse plus de temps pour l’apprentissage dans les organisations et donc il y a peu d’innovation. Les Ressources Humaines recrutent des compétences et peut être parfois des success story. La tendance est de demander dans les CV des réalisations. C’est une bonne idée mais on ne pourra jamais mettre en parallèle un contexte que nous raconte un candidat avec un contexte historique d’une autre entreprise et un projet qui est totalement différent. Ce type de principe n’a jamais garanti un succès.

En réalité, tout vient de l’ouverture à l’apprentissage. Si vous recrutez quelqu’un qui est compétent, qui a déjà fait ce type de projet mais qui n’a pas du tout envie de faire différemment, vous allez échouer. Cette adaptabilité est quelque chose de nécessaire. Il faut qu’il y ait une volonté d’écouter et d’apprendre. Elle fait toujours la différence. Une conversation, c’est verser ensemble dans un pot commun pour que tout se mélange et fasse une belle conversation. Si vous voulez verser utilement et raisonnablement dans ce pot commun, il faut écouter.

Mon rôle en Recherche & Développement n’est pas seulement de faire de l’innovation technologique ou de processus, mais c’est aussi l’innovation en termes d’architecture d’entreprise. On était en plein travaux de notre bureau actuel au 442, Saint Gabriel. Les murs avaient été abattus. Au plafond, il y avait des fils qui pendaient, des gravats et des lumières par terre. C’était vraiment un champ de mines !

Eric amèna Guillaume, l’un de ses amis pour visiter. Eric me présenta Guillaume comme quelqu’un de compétent et qui aime apprendre. Et moi, je me suis jeté dessus en reconnaissant en lui une valeur sûre, un homme avec cette même soif d’apprendre qu’Éric a, ce même œil qui pétille et avec cette volonté de faire ses preuves et d’aller loin. Je lui ai tout de suite proposé de faire partie de l’équipe et de l’actionnariat.

Quand Eric l’a raccompagné, il est revenu me voir complètement en colère en me disant « mais tu lui as fait peur !». Aujourd’hui, Guillaume est l’un de nos associés les plus sérieux et les plus prometteurs.

Un grand Merci Bertrand !

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